La posture

Les troubles fonctionnels liés à la posture sont une cause très fréquente de consultation chez un ostéopathe. Pourtant, les patients ont souvent du mal à se faire une idée précise derrière le mot « posture », cet article devrait bien éclaircir la situation.

Introduction sur le concept de la posture

La posture se cache dans chacune des situations statiques de notre quotidien, que l’on soit assis, debout ou allongé. Le corps doit s’organiser en permanence pour lutter contre les effets contraignants de la gravité sur nos propres structures, notamment articulaires. Il semblerait que l’être humain ne soit pas fait pour rester autant statique qu’il ne l’est dans notre mode de vie actuel. C’est probablement la raison pour laquelle les signes radiologiques d’arthropathie cervicale ou lombaire sont si fréquents après 50 ans, au point que certaines recherches posent la question de classer l’usure de la colonne vertébrale comme étant la normalité à partir d’un certain âge. Cela est d’autant plus vrai chez les personnes qui travaillent toute leur carrière dans la position assise, qui sont génétiquement prédisposées à l’arthrose et qui ont une existence majoritairement sédentaire.

Sans en arriver à ce stade avancé des effets de la posture, le fait de soigner sa manière de se tenir statique contribue déjà à éviter certaines douleurs et tensions qui en découlent. Pourquoi avoir besoin de bouger ? Pour la même raison que l’on change régulièrement de position durant son sommeil : éviter l’ischémieL’ischémie est l’insuffisance de circulation sanguine locale entraînant une diminution de l’apport en oxygène aux cellules du corps qui en ont besoin. Le fait de rester statique provoquerait des effets locaux d’ischémie sur les tissus dont la micro-vascularisation serait diminuée temporairement (mais de manière répétitive) par la compression des tout petits vaisseaux sanguins. Le sang doit circuler partout, irriguer chaque petite structure et ce en permanence. En ostéopathie l’un des principes fondamentaux (la loi de l’artère selon A.T. Still, le père de l’ostéopathie) considère que les troubles fonctionnels n’apparaissent pas tant que les différents tissus du corps sont correctement vascularisés. La bonne vascularisation de tous les tissus corporels est le lien fondamental entre ostéopathie et posture. Le mouvement engendre localement une augmentation du flux sanguin, c’est pour cela que l’ostéopathe s’applique à redonner la mobilité de chaque tissu qui bouge moins bien sur votre corps. Mais une fois que vous êtes sorti de son cabinet, c’est à vous de le faire bouger !

Le lien entre la posture et les bonnes pratiques du quotidien

Tout le monde connaît les besoins les plus importants au maintien de notre bonne santé : boire suffisamment, manger équilibré et dormir correctement… nous pourrions alors en ajouter un autre : bouger intelligemment. Il semblerait que le corps nécessite une quantité de mouvement quotidien, autant qu’une certaine quantité de nourriture et qu’une dose suffisante de sommeil. Pas toujours facile quand on travaille derrière un bureau ou que l’on passe beaucoup de temps en voiture. Le raisonnement est donc d’essayer de soulager le travail du corps qui ne cesse de lutter contre les effets contraignant des postures en lui donnant une bonne dose de mouvement. La dose est à définir en fonction de chacun, l’ostéopathe et le kinésithérapeute étant les mieux placés pour le faire.

Contrer les effets des postures prolongées par des temps d’activité physique est une chose, en pratiquant des sports adaptés au profil et aux envies de chacun, mais il faut aussi savoir organiser les temps de postures que nous ne pouvons pas éviter, à notre station de travail par exemple. Il n’existe pas de bonne posture au sens salvateur du terme. Vous tenir « droit » toute la journée n’est pas la solution. Il semblerait que la variabilité des postures soit bien plus bénéfique que d’essayer de garder une posture corrigée. Il existe en effet des postures pour lesquelles les contraintes de charge et les efforts à fournir par le corps sont moindres, mais les adopter en permanence donnerait probablement autant de contraintes que de ne pas y faire attention. Reprenons l’exemple d’une personne qui travaille dans un bureau, sans doute la majorité des gens. Cette personne va devoir rester six heures, sept, huit ou même davantage, en position assise. L’idée est d’alterner fréquemment entre une posture corrigée et une posture aléatoire dite de « confort », par exemple tous les quarts d’heure, et d’alterner ces cycles toute la journée. Dans certaines entreprises les salariés sont invités à se lever et à marcher un peu toutes les demi-heures, ou alors ils disposent d’un bureau pouvant se lever pour y travailler debout à intervalles réguliers. En plus de cela, il est idéal de dérouiller fréquemment sa colonne vertébrale, ses bras et ses jambes par des petits mouvements circulaires doux et répétés, toujours dans l’optique d’activer la circulation sanguine locale concernée.

Apparition de tensions et posture

Dernier point, comment une mauvaise gestion de la posture contribue à l’apparition des tensions, blocages, voire de l’usure à la longue ? Probablement les effets des toutes petites ischémies, intermittentes, répétées et localisées dans les points où les contraintes mécaniques sont les plus élevées. Le corps s’organise en permanence face à ces contraintes. Le cerveau reçoit des informations de l’état de contrainte des structures par le réseau neurologique sensitif qui parcourt tout le corps. Il adapte en créant des zones de tensions (musculaires notamment) qui servent à emmagasiner au mieux cette contrainte mécanique venant de la gravité terrestre, c’est ce que l’on appelle la compensation. Tant que cela est bien compensé, la douleur n’apparaît pas. Mais parfois, le système qu’il met en place ne suffit plus à emmagasiner ces contraintes répétées et le premier symptôme de douleur apparaît, c’est ce que l’on appelle la décompensation. La personne assise à son bureau va commencer ressentir des douleurs dans le cou, au niveau des trapèzes, au coude, à la tête ou dans les lombaires par exemple. Dans ce cas, un traitement d’ostéopathie remettra à zéro toutes les compensations et tensions mises en place pour que le cerveau refasse son travail comme un ordinateur que l’on redémarre quand il devient trop lent. L’ostéopathe travaillera également sur la zone ayant décompensé, à l’origine de la douleur, avec des techniques antalgiques.

Conclusion

Avoir une bonne hygiène de vie, notamment par le biais d’une attention particulière à la variabilité des postures, la pratique d’une ou plusieurs d’activités physiques adaptées, ainsi que le recours régulier à l’ostéopathie, permet au corps de compenser au mieux les effets de la posture en réduisant au minimum les risques de décompensations. Cela illustre parfaitement le sens préventif que l’on peut aussi attribuer à l’action de l’ostéopathie, au-delà du sens curatif déjà bien connu.

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